9 000 milliards d'euros.
C'est la valeur du patrimoine qui va changer de mains en France au cours des prochaines décennies, transmis principalement par la génération du baby-boom à ses enfants et petits-enfants. Un phénomène que les économistes appellent « la grande transmission ».
Pourtant, malgré l'ampleur de cet enjeu, une majorité de Français tarde à agir. Pour comprendre pourquoi, le CCF a commandé en janvier 2026 une étude inédite à l'institut CSA Research, interrogeant 1 006 Français dont 728 profils patrimoniaux. Voici ce que révèlent leurs réponses.
Les chiffres clés de l'étude
73 % des Français ont déjà réfléchi à la transmission de leur patrimoine
23 % seulement ont formalisé des dispositions concrètes
69 % considèrent la transmission comme un sujet facile à aborder
50 ans l'âge charnière à partir duquel les Français en parlent
57 % attendent de leur banque qu'elle les informe sur la transmission
Source : Étude CSA Research / CCF « Générations Transmissions », janvier-février 2026, n=1 006 Français adultes + un boost de 400 profils patrimoniaux, soit 728 profils patrimoniaux au total. Étude réalisée en ligne, durée moyenne 10 minutes.
Panorama des Français face à la transmission
La grande transmission : un concept peu connu, une réalité très présente
Seulement 25 % des Français ont entendu parler de la « grande transmission », ce mouvement massif de transfert de patrimoine entre générations que les économistes estiment à 9 000 milliards d'euros pour les prochaines décennies.
Pourtant, à titre personnel, les préoccupations sont bien là : 73 % des Français ont déjà réfléchi au moins une fois à la transmission de leur propre patrimoine. Chez les profils patrimoniaux (revenus ou patrimoine financier élevés), cette proportion monte à 88 %, et plus de 7 sur 10 y réfléchissent souvent ou parfois.
La prise de conscience existe donc, bien avant la connaissance du concept macroéconomique. Ce sont les situations personnelles (enfants, biens immobiliers, avancée en âge) qui déclenchent la réflexion, davantage que le débat public.
50 ans : l'âge de la prise d'initiative
L'étude révèle un seuil d'âge clair : avant 50 ans, les discussions sur la transmission sont le plus souvent initiées par les parents ou les grands-parents. Après 50 ans, c'est l'inverse : 76 % des répondants de cette tranche d'âge prennent eux-mêmes l'initiative d'en parler. C'est également autour de 50-60 ans que la majorité des Français (et 41 % des patrimoniaux) estiment avoir commencé à prendre des dispositions, quand ils en ont pris.
Un sujet dédramatisé, mais encore peu préparé
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la transmission n'est pas un tabou. 69 % des Français la considèrent comme un sujet facile à aborder - une proportion qui monte à 78 % chez les profils patrimoniaux. 90 % estiment que la transparence entre générations est essentielle dans la gestion d'un patrimoine, et 88 % affirment que préparer sa transmission, c'est « penser aux vivants, pas à la mort ».
Pour autant, cette aisance déclarée ne se traduit pas en action. L'écart entre intention et formalisation reste massif.
Ce que les Français veulent transmettre
La transmission : avant tout une affaire de cœur
Quand on demande aux Français ce qu'ils souhaitent le plus transmettre à leurs proches, la réponse est sans équivoque : les valeurs (46 %), les souvenirs et l'histoire familiale (39 %), et l'éducation (36 %) devancent largement la sécurité financière (30 %), les biens immobiliers (26 %) ou le patrimoine financier (23 %). Au total, 82 % des répondants et autant de profils patrimoniaux privilégient la transmission de biens non financiers.
Ce résultat peut surprendre. Il révèle que pour une très large majorité de Français, la transmission patrimoniale s'inscrit dans une logique identitaire et affective bien plus que dans une logique strictement financière. La question n'est pas seulement « combien ? » mais « à qui, comment, et dans quel esprit ? ».
« Préparer la transmission de son patrimoine, c'est avant tout un acte de responsabilité (53 %) et une marque d'amour (34 %), avant d'être un levier fiscal (19 %). »
— Étude CSA Research / CCF, 2026
Transmettre de son vivant : un souhait largement majoritaire
75 % des Français souhaitent transmettre tout ou partie de leur patrimoine de leur vivant plutôt qu'uniquement au moment de leur succession. Les motivations sont à la fois pragmatiques et relationnelles : réduire les frais de succession pour ses héritiers (39 %), aider ou faire plaisir à ses proches (35 %), et prévenir les conflits (27 %).
Cette préférence pour la transmission du vivant est encore plus marquée chez les profils patrimoniaux, où elle atteint 80 %. La donation, sous ses différentes formes, est perçue comme le moyen d'exercer un contrôle bienveillant sur la répartition des biens tout en voyant ses proches en profiter.
Justice et équité : des visions qui divergent
Pour 47 % des Français, une transmission « juste » signifie une répartition strictement égale entre héritiers. Mais 53 % défendent une vision plus nuancée : tenir compte des besoins de chacun (18 %), privilégier ceux dont on se sent le plus proche (18 %), ou récompenser ceux qui auront été les plus présents (17 %). Ces visions alternatives sont plus répandues chez les moins de 50 ans (64 %), ce qui annonce des attentes intergénérationnelles potentiellement divergentes.
Passage à l'action : la procrastination responsable
Responsables dans l'intention, procrastinateurs dans l'action
C'est le paradoxe central que révèle l'étude : 73 % des Français ont réfléchi à la transmission, mais seulement 23 % ont formalisé des dispositions concrètes (testament, donation, clause bénéficiaire d'assurance-vie, etc.). L'écart est de 50 points.
Chez les profils patrimoniaux, le chiffre est une peu meilleur - 38 % ont pris des dispositions - mais le paradoxe reste entier : 88 % ont réfléchi à la question, soit un écart de 50 points identique. Et parmi les plus de 50 ans de ce segment, qui ont pourtant toutes les raisons d'agir (84 % sont en couple, 82 % ont des enfants, 92 % détiennent un patrimoine immobilier, 89 % sont propriétaires de leur résidence principale), seulement 44 % ont formalisé des dispositions.
« 50 points séparent l'intention de l'action chez les profils patrimoniaux (88 % ont réfléchi, 38 % ont agi) »
— Étude CSA Research / CCF, 2026
Le frein principal : une connaissance insuffisante
L'étude pointe clairement les leviers qui permettraient de passer à l'acte. 41 % des Français se jugent bien informés sur la transmission, mais seulement 31 % connaissent la fiscalité des transmissions et des héritages, et 40 % seulement ont une idée des frais de succession que leurs héritiers pourraient avoir à régler.
Les dispositifs avancés restent largement méconnus. Si le testament (88 % de notoriété) et l'assurance-vie (86 %) font partie du paysage, la donation-partage n'est connue que par 53 % des répondants, le démembrement de propriété par 35 %, et la transmission via une SCI par 43 %. Cette méconnaissance réduit mécaniquement les possibilités de structuration et d'optimisation.
Ce qui déclencherait l'action
Quand on demande aux Français ce qui les inciterait à préparer leur transmission du vivant, les réponses dessinent une feuille de route claire pour les accompagnants :
- Réduire les frais de succession pour ses héritiers (45 %, 53 % chez les patrimoniaux)
- Assurer une meilleure sécurité financière à ses proches (36 %)
- Aider ou faire plaisir à ses proches (28 %)
- Préserver sa tranquillité d'esprit et prévenir les conflits (respectivement 27 % et 25 %)
Ces motivations plaident toutes pour une approche proactive, structurée et personnalisée : exactement ce que peut apporter un conseiller en Ingénierie Patrimoniale.
Ce que les Français attendent de leur banque
La banque : un rôle d'éclaireur attendu, encore insuffisamment exercé
57 % des Français attendent de leur banque qu'elle les informe en matière de transmission de patrimoine. Cette attente monte à 64 % chez les profils patrimoniaux. C'est un signal fort de légitimité : la banque est perçue comme un acteur naturel de l'accompagnement, aux côtés du Notaire.
Mais la satisfaction ne suit pas : seulement 47 % des répondants se sentent suffisamment accompagnés par leur banque aujourd'hui. L'écart entre attente et ressenti est de 10 points chez les profils patrimoniaux (64 % attendent un accompagnement, 54 % s'estiment correctement accompagnés).
Les conseils les plus attendus
Les Français qui souhaitent un accompagnement bancaire sont clairs sur leurs priorités :
- Des conseils sur les produits d'épargne dédiés à la transmission (44 %, 48 % chez les patrimoniaux)
- Une aide à la donation du vivant (39 %, 38% chez les patrimoniaux)
- Une explication sur l'intérêt de l'assurance-vie pour organiser la transmission (39 %, 37% chez les patrimoniaux)
- L'optimisation des solutions déjà détenues (41 % des patrimoniaux — signe d'une maturité avancée)
Les outils plébiscités
Deux outils arrivent largement en tête : les simulateurs de droits de succession et de donation (63 %, 67 % chez les patrimoniaux) et les guides pratiques (57 %). Viennent ensuite les vidéos explicatives (34 %) et les webinaires ou ateliers pédagogiques (24 %).
Ces préférences confirment que les clients souhaitent d'abord comprendre et chiffrer leur situation avant d'engager une démarche. La pédagogie précède le conseil.
Un fort appétit pour un accompagnement personnalisé
57 % des Français se disent prêts à réaliser un entretien dédié à la transmission de patrimoine avec leur conseiller bancaire, une proportion qui monte à 66 % chez les profils patrimoniaux. Et 64 % des répondants de ce segment seraient favorables à un rendez-vous collectif organisé par leur banque, incluant leurs ayants-droit.
78 % des Français attendent par ailleurs de leur banque qu'elle vérifie régulièrement que les clauses bénéficiaires de leurs contrats sont toujours en phase avec leur situation personnelle (84 % chez les patrimoniaux). La proactivité est une attente explicite, pas une option.
« Le banquier idéal est un éclaireur-activateur : il informe, simule, coordonne avec le Notaire, et s'assure que les dispositions prises restent pertinentes dans le temps. »
— Synthèse étude CSA Research / CCF, 2026
A propos de l'étude
Méthodologie de l'étude Générations Transmissions
- Commanditaire : CCF
- Institut : CSA Research
- Dates de terrain : 22 janvier – 2 février 2026
- Échantillon national : 1 006 Français âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française
- Échantillon patrimonial : 728 répondants déclarant des revenus mensuels supérieurs à 3 500 € (solo) ou 5 000 € (couple), ou un patrimoine financier supérieur à 100 000 €
- Mode de recueil : Questionnaire en ligne, durée moyenne de 10 minutes
Questions fréquentes sur la transmission de patrimoine
Tout ce que vous devez savoir sur la transmission de patrimoine en France
La « grande transmission » désigne le transfert massif de patrimoine qui va s'opérer en France au cours des prochaines décennies, principalement de la génération du baby-boom vers ses enfants et petits-enfants. Ce mouvement représente environ 9 000 milliards d'euros, ce qui en fait le plus important transfert intergénérationnel de richesse de l'histoire française.
Selon l'étude CSA Research commandée par le CCF en 2026, seulement 25 % des Français ont entendu parler de ce concept mais 73 % ont déjà réfléchi à leur propre transmission patrimoniale.
L'étude CCF / CSA Research révèle que 50 ans constitue l'âge charnière : c'est à partir de cet âge que les Français prennent eux-mêmes l'initiative d'aborder la transmission avec leurs proches, et que la majorité de ceux qui ont formalisé des dispositions ont commencé à le faire.
Cependant, anticiper avant 50 ans présente des avantages fiscaux significatifs — notamment pour les donations, dont les abattements (100 000 € par parent et par enfant) se renouvellent tous les 15 ans.
Plus tôt l'on agit, plus l'optimisation est possible.
Selon l'étude CSA Research / CCF de janvier 2026, seulement 23 % des Français ont formalisé des dispositions concrètes pour transmettre leur patrimoine (testament, donation, clause bénéficiaire, etc.) alors que 73 % ont déjà réfléchi à la question. Chez les profils patrimoniaux, le taux d'action monte à 38 %, mais reste très en deçà des 88 % qui ont pourtant réfléchi au sujet.
Cet écart de 50 points entre intention et action est ce que l'étude nomme « la procrastination responsable ».
La donation est un acte de transmission du vivant : vous transférez tout ou partie de vos biens à vos héritiers de votre propre chef, avec des avantages fiscaux spécifiques (abattements, exonérations selon la nature des biens).
La succession désigne le transfert de patrimoine qui intervient au moment du décès, qu'il y ait ou non un testament. Les deux mécanismes peuvent se combiner : 75 % des Français souhaitent transmettre au moins en partie de leur vivant (selon l'étude CCF / CSA 2026), le reste étant transmis par succession.
La banque est légitime pour vous accompagner sur les dimensions financières de votre transmission : conseil sur les produits d'épargne adaptés (assurance-vie, contrat de capitalisation, donations de liquidités), simulation des droits de succession, aide à la rédaction des clauses bénéficiaires, et coordination avec votre Notaire pour les actes juridiques.
Selon l'étude CCF / CSA 2026, 57 % des Français attendent précisément ce rôle de leur banque — mais seulement 47 % se sentent aujourd'hui suffisamment accompagnés.
Le CCF a développé une expertise spécifique en ingénierie patrimoniale pour répondre à ces attentes.
L'assurance-vie est l'un des outils de transmission les plus plébiscités disponibles en France. Les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés échappent aux règles classiques des successions, dans certaines limites.
Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 €, au-delà duquel un prélèvement forfaitaire s'applique à des taux plus favorables que les droits de succession classiques.
L'assurance-vie permet également de favoriser des personnes qui ne seraient pas héritiers légaux.
Informations établies au regard de la réglementation en vigueur au 01/01/2026 s'agissant des personnes physiques résidentes fiscales françaises, sous réserve des modifications ultérieures de la législation fiscale.
Les familles recomposées font face à des enjeux spécifiques : protection du conjoint non marié, traitement équitable des enfants de différentes unions, risques de conflits entre héritiers.
Plusieurs outils permettent d'y répondre : la donation au dernier vivant pour protéger le conjoint survivant, l'assurance-vie avec désignation précise des bénéficiaires, l'aménagement du régime matrimonial, ou le recours à un testament pour exprimer clairement ses volontés.
Un accompagnement par un expert en ingénierie patrimoniale et un Notaire est particulièrement recommandé dans ce contexte.
Le Pacte Dutreil est un dispositif fiscal conçu pour faciliter la transmission d'entreprises familiales. Il permet de bénéficier d'une exonération partielle (75 %) des droits de mutation sur la valeur des titres transmis, sous conditions d'engagement de conservation et de poursuite de l'activité.
Il est particulièrement pertinent pour les chefs d'entreprise qui souhaitent préparer la succession de leur société tout en limitant la charge fiscale pour leurs héritiers.
La mise en place d'un Pacte Dutreil nécessite une planification anticipée et un conseil spécialisé.
Informations établies au regard de la réglementation en vigueur au 01/01/2026 s'agissant des personnes physiques résidentes fiscales françaises, sous réserve des modifications ultérieures de la législation fiscale.
Selon l'étude CCF / CSA 2026, les profils patrimoniaux préfèrent un suivi tous les 2 à 3 ans, ou à chaque changement de situation personnelle (mariage, divorce, naissance, décès, acquisition immobilière, changement de régime fiscal).
78 % des Français attendent par ailleurs de leur banque qu'elle vérifie régulièrement que les clauses bénéficiaires de leurs contrats d'assurance-vie sont toujours adaptées à leur situation.
Une révision annuelle lors d'un bilan patrimonial est une bonne pratique.
Le démembrement de propriété consiste à séparer la nue-propriété (la propriété du bien) de l'usufruit (le droit d'en user et d'en percevoir les revenus).
En transmettant la nue-propriété à ses enfants tout en conservant l'usufruit, un parent peut réduire significativement la base taxable de la transmission — car les droits de donation sont calculés sur la seule valeur de la nue-propriété, qui dépend de l'âge du donateur. À son décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires.
C'est une stratégie puissante mais complexe, qui nécessite un accompagnement patrimonial expert et un conseil personnalisé.
L'accompagnement patrimonial du CCF
Le CCF à vos côtés pour préparer votre transmission
Le CCF a fait de l'accompagnement patrimonial l'un de ses axes stratégiques. Notre équipe d'experts en Ingénierie Patrimoniale travaille avec vous pour construire une stratégie de transmission adaptée à votre situation personnelle, familiale et fiscale.
Que vous souhaitiez organiser une donation du vivant, optimiser votre assurance-vie, préparer la transmission d'une entreprise ou simplement faire le point sur votre patrimoine, nous vous proposons un accompagnement sur mesure, en coordination avec votre Notaire.
Ce que nous proposons :
- Un entretien dédié à votre stratégie de transmission avec votre conseiller CCF. Il pourra, grâce à nos outils de simulation, vous accompagner dans l’estimation du calcul des droits de succession que vos ayants droits pourraient avoir à verser et étudiera avec vous les pistes pour les optimiser.
- L'expertise de nos Ingénieurs Patrimoniaux pour les situations complexes.
- Des solutions d'assurance-vie adaptées à la transmission, en partenariat avec KOREGE.
- Un suivi régulier pour adapter votre stratégie à l'évolution de votre situation.
Prenez rendez-vous avec votre conseiller CCF pour préparer votre stratégie de transmission.
Pour aller plus loin
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