Epargner pour sa retraite  en 2026

La retraite au cœur de l’actualité

26/11/2025


Temps de lecture : 6 min

La suspension de la réforme des retraites de 2023 fait l’objet de nombreux débats à l’Assemblée nationale et au Sénat. De nouvelles mesures sont également prévues dans le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026.

A ce stade des discussions*, nous faisons le point avec Christian David, responsable du pôle Ingénierie sociale et patrimoniale chez KOREGE, partenaire du CCF.

 

*Entretien réalisé le 20 novembre 2025.

Quel est le contexte en ce qui concerne les discussions au sujet des retraites ?

Christian David : Le Premier Ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré le 14 octobre 2025 à l’Assemblée Nationale qu’il proposerait cet automne « la suspension de la réforme des retraites de 2023 jusqu’à l’élection présidentielle » qui doit se tenir au 2ème trimestre de 2027*.

 

*Sauf cas particuliers tels qu’une élection présidentielle anticipée.

Pouvez-vous nous rappeler la différence entre « l’âge légal de départ » et « l’âge auquel un assuré bénéficie du taux plein » ?

CD : L’âge légal est celui auquel il devient possible de faire valoir ses droits à la retraite*, indépendamment du nombre de trimestres déjà cotisés. Il faut distinguer cette notion du nombre de trimestres de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein (sans décote), qui dépend de l’année de naissance et qui est également concerné par la suspension de la réforme de 2023 (voir tableau ci-dessous). Il est à noter qu’à partir de l’âge de 67 ans, tout assuré bénéficie automatiquement du taux plein quel que soit le nombre de trimestres qu’il a cotisés.

 

*Sauf régimes ou dispositifs particuliers.

 

Le tableau ci-dessous récapitule, pour la plupart des régimes de retraite (notamment les salariés du privé), l’âge légal de départ et la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein, d’une part avec la réforme de 2023 et d’autre part si la suspension de cette réforme est confirmée.

Impact* possible de la suspension de la réforme des retraites de 2023

 

 

 

Année de naissance de l'assuré(e)Âge légal de départ à la retraite après la réforme de 2023 Âge légal de départ en cas de suspension de la réforme de 2023Nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein  après la réforme de 2023 Nombre de trimestres requis pour un retraite à taux plein en cas de suspension de la réforme de 2023
196262 ans et 6 mois62 ans et 6 mois169 169 
196362 ans et 9 mois62 ans et 9 mois170 170
196463 ans62 ans et 9 mois171 170
Du 1er janvier au 31 mars 196563 ans et 3 mois62 ans et 9 mois172 170
Du 1er avril au 31 décembre 196563 ans et 3 mois63 ans172171
196663 ans et 6 mois63 ans et 3 mois172 172
196763 ans et 9 mois63 ans et 6 mois172 172
1968 64 ans63 ans et 9 mois172 172
196964 ans64 ans172172

*Source : FIDNET (19 novembre 2025).

Est-ce que d’autres changements sont à signaler dans le projet de loi ?

La retraite des femmes

CD : Le projet prévoit notamment certains changements en ce qui concerne la retraite des femmes ayant eu des enfants : d’une part le calcul de leur pension serait désormais basé non plus sur les 25 meilleures années de leur carrière mais sur les 24 meilleures (pour les femmes ayant eu 1 enfant) ou sur les 23 meilleures (pour les femmes ayant eu 2 enfants ou plus). D’autre part, l’accès au dispositif « carrières longues », qui permet de partir en retraite de façon anticipée, serait également facilité avec la prise en compte de 2 trimestres de majoration* par enfant, alors ce n’était pas le cas jusqu’à maintenant (seuls les trimestres cotisés étaient pris en compte). Ce changement, s’il était adopté, permettrait à de nombreuses femmes de bénéficier de ce dispositif « carrières longues » et d’anticiper leur départ, alors que ça ne leur était pas possible jusqu’à présent.

 

*Pour rappel, la naissance ou l’adoption d’un enfant donne droit à l’attribution de 8 trimestres de majoration, dont 6 attribués automatiquement à la mère, et 2 attribués au père ou à la mère selon leur choix, qui est à communiquer à la caisse d’assurance vieillesse impérativement dans les 6 mois qui suivent le 4e anniversaire de l’enfant (ou les 4 ans de son adoption). Par défaut, ces 2 trimestres de majoration seront également attribués à la mère de l’enfant né ou adopté. Ce choix est possible uniquement pour les enfants nés à partir de l’année 2010.

 

D’autre part, certains changements étaient déjà intervenus courant 2025 concernant la retraite progressive et le cumul emploi-retraite.

Pouvez-vous nous rappeler le principe de la retraite progressive* ?

CD : Ce dispositif consiste, sous conditions d’âge, d’accord de l’employeur et d’avoir cotisé au moins durant 150 trimestres, à travailler à temps partiel (entre 40% et 80% d’un temps complet) tout en percevant une partie de sa pension de retraite issue des régimes de base et complémentaires.

A titre d’exemple, dans le cas d’un temps partiel à 60% les régimes de retraite verseront 40% de la pension calculée avec les paramètres actuels (points et nombre de trimestres acquis). Cela permet de réduire son activité professionnelle avec un impact limité sur ses revenus, tout en continuant à cumuler des droits retraite (trimestres et points). Le montant de la pension perçue durant cette période est provisoire et sera recalculé au moment du départ définitif : il sera alors tenu compte des cotisations accumulées durant cette phase de retraite progressive.

 

*Peuvent être notamment concernés les salariés, fonctionnaires, professions libérales, … L’ensemble des modalités afférentes à ce dispositif est disponible auprès de l’Assurance retraite.

Est-ce que ce dispositif a fait l’objet d’améliorations ?

CD : Il a été assoupli en août 2025, puisqu’il est désormais possible d’en bénéficier dès l’âge de 60 ans (contre 60 à 62 ans précédemment, soit 2 ans avant l’âge légal selon l’année de naissance). D’autre part, s’il est toujours possible pour un employeur de refuser la demande de temps partiel d’un salarié, ce refus doit désormais, dans le cadre d’une demande de retraite progressive, être « motivé » et faire l’objet d’une explication. Sans réponse de l’employeur dans les 2 mois qui suivent la demande, celle-ci est considérée comme acceptée. Il est à noter que si vous travaillez déjà à temps partiel, un accord de l’employeur n’est alors pas nécessaire (une attestation de temps partiel convient) et il suffit de contacter votre régime de retraite pour demander le versement de la pension correspondant à la retraite progressive.

 

Les salariés intéressés peuvent faire leur demande de retraite progressive directement sur le site de l’Assurance retraite, au minimum 5 mois avant la date prévue pour le démarrage de celle-ci (certaines formalités administratives seront requises).

Que peut-on dire au sujet du cumul emploi-retraite ?

CD : Ce dispositif permet de reprendre une activité professionnelle après avoir fait valoir ses droits à la retraite et de cumuler, sous certaines conditions, ses pensions de retraite (issues des régimes de base et complémentaires) avec les revenus de cette activité*. Cela peut être utile notamment pour d’anciens salariés souhaitant poursuivre leur activité en tant que consultants dans leur domaine de compétence.

 

*Selon la situation du retraité, ce cumul peut être total ou partiel, et faire l’objet d’un plafonnement.

 

Le projet de loi (PLFSS) pour 2026 a pour objectif de simplifier ce dispositif (pour les assurés bénéficiant de leur première retraite de base à compter du 1er janvier 2027) afin de favoriser son utilisation, et de le rendre cohérent avec le dispositif de retraite progressive évoqué précédemment.

 

Dans cette hypothèse*, avant l’âge légal (soit entre 62 et 64 ans selon l’année de naissance), le montant des revenus d’activité perçus seraient déduits de la pension versée à l’assuré. Entre l’âge légal et l’âge de 67 ans (âge de la retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés), il s’agirait d’un cumul emploi-retraite partiel, avec écrêtement de la retraite à hauteur de 50% des revenus d’activité supérieurs à un seuil fixé à 7 000€ annuels. Enfin, au-delà de 67 ans, le cumul emploi-retraite serait intégral et l’activité concomitante avec la retraite permettrait d’accumuler de nouveaux droits pour bénéficier à terme d’une meilleure pension (ce qui n’était pas le cas jusqu’ici).

 

*Qui reste à confirmer à l’issue des débats parlementaires concernant le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS).

Prenons l’exemple d’une personne de 65 ans touchant une retraite de 1 500€ par mois (18 000€ par an), et percevant 9 000€ annuels au titre d’une nouvelle activité. Elle dépasse de 2 000€ le seuil de 7 000€ annuels, sa pension de retraite serait donc réduite, en cas d’adoption du projet de loi en l’état, de 1 000€ (50% de l’excédent de 2 000€) jusqu’à l’âge de 67 ans.

En matière de préparation à la retraite, quelles sont les caractéristiques qui rendent le PER (Plan d’Epargne Retraite) quasiment incontournable ?

CD : Un des principaux atouts du Plan Epargne Retraite est de donner à l’épargnant la possibilité de déduire ses versements volontaires de ses revenus imposables, dans certaines limites*$. Ce choix, irrévocable pour chaque versement effectué, a un impact sur la fiscalité en sortie du PER, puisque les versements déduits fiscalement à l’entrée seront intégrés à l’assiette de l’impôt sur le revenu lors des sorties du plan à la retraite (rentes viagères, sortie en capital totale ou partielle). Cette déduction fiscale à l’entrée présente notamment un intérêt si vous anticipez un taux marginal d’imposition (TMI*) moins élevé au moment de votre retraite que pendant la phase d’épargne. Dans tous les cas, il est judicieux de placer (par exemple dans un contrat d’assurance-vie) le montant de la réduction d’impôt obtenue, ce qui permettra à terme de bénéficier d’un capital retraite supplémentaire accumulé au fil des années.

 

*TMI (Taux marginal d’imposition) : taux de votre tranche d’imposition la plus élevée.

 

Au moment de la retraite, Le Plan Epargne Retraite permet une sortie au choix en rente viagère ou en capital, ou un mélange des deux. Bien que l’épargne accumulée sur le PER soit bloquée jusqu’à la retraite, il est possible de réaliser une sortie anticipée en capital notamment en cas d’achat de la résidence principale*$. Ce point ne doit toutefois pas constituer la seule motivation de la souscription d’un Plan Epargne Retraite.

 

Enfin, signalons que les PER proposent une gestion pilotée qui vous permet, si vous le souhaitez, de confier la gestion financière de l’épargne à des professionnels, qui adapteront cette gestion en fonction de votre profil de risque et de la durée qui vous sépare de l’âge de la retraite. Vous conservez toutefois la possibilité d’opter pour la gestion libre, et réalisez dans ce cas vos investissements et arbitrages au sein d’une gamme étendue d’unités de compte. Signalons que les investissements sur les unités de compte, soumises aux fluctuations du marché, peuvent varier tant à la baisse qu’à la hausse et présentent un risque de perte en capital supporté intégralement par l’adhérent.

  • Les versements volontaires sont déductibles dans les limites réglementaires dépendant du statut (salarié, non salarié, …) de l’adhérent.

    Pour les salariés, la déduction est possible dans la limite de 10 % des revenus d’activité, nets de cotisations sociales et de frais professionnels, avec, pour les versements effectués en 2025, une déduction maximale des revenus de 2025 de 37 094 € pour les salariés (déduction des revenus de 2025 de 87 135 € pour les travailleurs non-salariés).

    Fiscalité applicable au 01/09/2025 aux résidents fiscaux français, sous réserve de modifications ultérieures de la législation.

  • En cas de rachat anticipé pour l’achat de la résidence principale, il convient de rappeler que la fiscalité applicable dépend du caractère déductible ou non des versements sur les revenus imposables.

    La sortie anticipée est également possible dans des cas exceptionnels correspondant à des difficultés majeures, qu’elles soient personnelles ou familiales : décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, invalidité du titulaire, de ses enfants, du conjoint ou partenaire de Pacs, expiration des droits à l’assurance chômage du titulaire, cessation d’activité non salariée du titulaire à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire ou le surendettement du titulaire.

    Dans ces derniers cas de figure (hors achat de la résidence principale), la part du capital débloqué correspondant aux versements est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, tandis que pour la part du capital débloqué correspondant aux gains, les prélèvements sociaux restent dus.

Comment peut-on optimiser son épargne retraite ?

CD : Une solution efficace consiste à combiner les atouts du Plan Epargne Retraite, notamment son avantage fiscal, avec un autre dispositif d’épargne doté de caractéristiques différentes.

Un PER peut donc parfaitement compléter une épargne en assurance-vie, qui de son côté apporte une grande souplesse pour d’éventuels rachats en phase d’épargne et bénéficie d’une fiscalité spécifique (notamment en matière de transmission), mais ne permet pas de réduire son revenu imposable lors des versements.

Votre conseiller se tient à votre disposition pour vous accompagner dans la construction de votre projet retraite et vous proposer une étude personnalisée adaptée à votre situation.

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