Marchés financiers : le point sur le deuxième trimestre 2026

Tom Mondelaers - Directeur des Investissements au CCF -  26/06/2026


Temps de lecture : 3 min

Guerre au Moyen-Orient, pétrole durablement cher, taux qui repartent à la hausse : sur le papier, le deuxième trimestre 2026 réunissait tous les ingrédients d’un marché difficile. Les marchés actions ont pourtant enregistré l’une de leurs meilleures performances trimestrielles depuis plusieurs années - une situation d’autant plus singulière que deux valeurs traditionnellement perçues comme refuges, les obligations d’État et l’or, ont toutes deux reculé sur la période.

Actions : une résilience à mettre en perspective

Cette résilience s’explique par la conjonction de trois facteurs. Les résultats des entreprises au premier trimestre ont nettement dépassé les attentes. L’économie américaine, portée par un consommateur resté solide, a continué de bien résister - une dynamique moins marquée en Europe. Enfin, l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle continue d’attirer les flux d’investissement, par crainte de manquer un mouvement de fond.

 

Les niveaux de valorisation actuels, élevés au regard des standards historiques, reposent largement sur l’hypothèse d’une poursuite de la croissance des bénéfices (+20 % anticipés en 2026, puis +15 % en 2027 selon le consensus des stratégistes). Si ce scénario se confirme, ces niveaux de prix s’expliquent davantage. Le dynamisme du marché des introductions en bourse - illustré par l’entrée historique de SpaceX et les introductions attendues d’OpenAI et Anthropic - témoigne par ailleurs d’un appétit toujours marqué pour les valeurs technologiques.

 

Cette dynamique, essentiellement portée par les marchés américains, repose sur des fondamentaux réels. Une remise en question de ces hypothèses de croissance ambitieuses pourrait néanmoins générer une volatilité accrue. En Europe, nous constatons que les valeurs technologiques à forte croissance sont moins représentées qu’aux Etats-Unis. Une attention peut être cependant portée aux sociétés dites « value », qui offrent des valorisations plus modérées et des profils plus stables.

Obligations : une pression haussière générale, avec un point d’attention sur la France

Plusieurs facteurs convergent aujourd’hui vers une hausse des rendements obligataires. Les banques centrales s’orientent vers un nouveau cycle de resserrement monétaire face à des pressions inflationnistes ranimées par les coûts de l’énergie et par la démondialisation. Parallèlement, les besoins de financement des États augmentent - défense, infrastructures, coût du vieillissement démographique - ce qui accroît l’offre de dette publique sur les marchés. Les rendements obligataires devraient donc rester sous pression haussière dans les mois à venir.

 

Un cas appelle toutefois une attention particulière : les obligations d’État françaises (OAT). Le marché intègre actuellement une prime de risque liée aux incertitudes entourant l’élection présidentielle de 2027 - l’écart de taux entre la France et l’Allemagne (le « spread »), aujourd’hui d’environ 70 points de base, est anticipé par les prix de marché autour de 120 points de base à horizon cinq ans. Nous estimons qu’une fois l’échéance électorale passée, cet écart pourrait au contraire se resserrer et revenir vers la moyenne observée pour les autres pays de la zone euro - une analyse qui s’écarte de l’anticipation moyenne du marché et qui reste, à ce stade, un scénario parmi d’autres.

Crédit privé : une prime de risque jugée insuffisante

Le contexte actuel - pression persistante sur les taux d’intérêt et risque de répercussions économiques de la guerre en Iran, en particulier en Europe - pèse spécifiquement sur les segments de moindre qualité et liquidité, dont le crédit privé. Ce type d’investissement présente une nature asymétrique : le gain potentiel d’un prêteur reste plafonné au coupon perçu, quelle que soit la réussite de l’entreprise financée, alors que le risque de perte peut porter sur l’intégralité du capital prêté en cas de défaillance.

 

Dans l’environnement actuel, où ce risque de défaillance tend à augmenter sans que la rémunération proposée évolue en conséquence, la prime de risque offerte sur le crédit privé ne nous paraît plus suffisante. Pour les investisseurs en mesure d’immobiliser leur capital sur une longue durée, les infrastructures non cotées présentent un profil de risque différent qui pourrait être pertinent.

 

 

Pour approfondir ces sujets et évaluer ce qu’ils impliquent pour votre patrimoine, votre conseiller CCF reste à votre disposition.

Ecriture achevée le vendredi 26 juin 2026

3 idées à retenir

Actions

  • Il convient de rester attentif à la volatilité, notamment celle des valeurs technologiques - soutenues par des perspectives élevées des résultats et portées par des opérations telles que l'entrée en bourse de SpaceX
  • Préférence pour les valeurs « value » en Europe.

Obligations

  • Rendements globalement orientés à la hausse.
  • A l’exception possible des OAT françaises dont l’écart de taux pourrait se resserrer après 2027.

Marchés privés

  • Prime de risque jugée insuffisante en crédit privé.
  • Préférence pour les infrastructures non cotées pour les investisseurs tolérant l’illiquidité.

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