Facturation électronique obligatoire : préparez-vous
24/06/2026
Temps de lecture : 3 min
Préparez la réforme de septembre 2026
À partir du 1er septembre 2026, la facturation électronique devient obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) en France. Cette réforme, issue de la loi de finances, transforme en profondeur la gestion administrative et fiscale de votre activité — qu'il s'agisse d'une profession libérale, d'une TPE*$ ou d'un groupe structuré.
Bien anticipée, elle peut aussi devenir un vrai levier d'efficacité pour votre entreprise.
Très Petites Entreprises qui emploient moins de 10 salariés et réalisent moins de 2 millions de chiffre d’affaires annuel.
Qu'est-ce que la facturation électronique obligatoire ?
Une facture électronique n'est pas un simple PDF envoyé par e-mail. Il s'agit d'un document émis, transmis et reçu dans un format numérique structuré, reconnu par l'administration fiscale de type Factur-X, UBL ou CII. Sa transmission doit obligatoirement transiter par une Plateforme Agréée (PA), immatriculée par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP).
Cela implique pour votre entreprise de s'inscrire auprès d'un prestataire agréé et de vous assurer que votre logiciel de facturation est bien compatible avec cette nouvelle norme.
Qui est concerné par la réforme ?
La réforme s'applique à toutes les structures assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille, leur forme juridique ou leur secteur d'activité : auto-entrepreneurs, professions libérales, TPE*$, PME*$, ETI*$, grandes entreprises, SCI*$ soumises à la TVA, associations réalisant des opérations taxables.
Certaines situations restent hors champ : les activités exonérées de TVA, les transactions entre particuliers, ainsi que certaines opérations internationales hors Union européenne - temporairement exemptées.
Vous êtes concerné si :
- Votre structure est assujettie à la TVA
- Vous émettez des factures à destination d'autres entreprises françaises
- Vous disposez d'un numéro SIREN actif
Très Petites Entreprises qui emploient moins de 10 salariés et réalisent moins de 2 millions de chiffre d’affaires annuel.
Petites et Moyennes Entreprises qui emploient entre 10 et 249 personnes et réalisent un chiffre d’affaires compris annuel entre 2 et 50 millions d’euros.
Entreprises de Tailles Intermédiaires, dont l’effectif est compris entre 250 et 4 999 personnes, et dont le chiffre d’affaires annuel est compris entre 50 et 1 500 millions.
Société Civile Immobilière
Quand la facturation électronique devient-elle obligatoire ?
Le calendrier à retenir pour les Grandes entreprises et ETI, PME TPE et micro-entreprises
| Taille d'entreprise | Réception obligation | Émission obligatoire |
|---|---|---|
| Grande entreprise et ETI*$ | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| PME*$ | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
| TPE*$ et micro-entreprise | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
Entreprises de Tailles Intermédiaires, dont l’effectif est compris entre 250 et 4 999 personnes, et dont le chiffre d’affaires annuel est compris entre 50 et 1 500 millions.
Petites et Moyennes Entreprises qui emploient entre 10 et 249 personnes et réalisent un chiffre d’affaires compris annuel entre 2 et 50 millions d’euros.
Très Petites Entreprises qui emploient moins de 10 salariés et réalisent moins de 2 millions de chiffre d’affaires annuel.
Ce calendrier a déjà fait l'objet d'un report par rapport aux échéances initiales prévues en 2024, afin de laisser aux entreprises le temps de se préparer dans de bonnes conditions.
Dématérialisation des factures et e-reporting* : une double obligation
Au-delà des échanges entre entreprises, vous devrez également transmettre à l'administration fiscale les données relatives à vos transactions B2C, à vos opérations internationales et, dans certains cas, à vos données de paiement. C'est ce que l'on appelle l'e-reporting* : un dispositif conçu pour faciliter le pré-remplissage des déclarations de TVA et renforcer la transparence fiscale.
A noter : Les anglicismes « e-invoicing » et le « e-reporting* » sont à connaître car ils sont utilisés par différents acteurs publics ou privés ou par les médias pour évoquer du sujet de la facture électronique.
*transmission des données de transaction et de paiement
e-invoicing
Le terme de e-invoicing fait référence à l'émission et à la réception de factures via une plateforme de dématérialisation. Au sens large, il traduit le projet de la facturation électronique dans son ensemble.
e-reporting
Le e-reporting* consiste à transmettre électroniquement des données de transaction et de paiement à l'administration fiscale.
*transmission des données de transaction et de paiement
Une contrainte réglementaire, et une opportunité de performance
Bien préparée, cette réforme peut transformer positivement la gestion quotidienne de votre activité :
- Réduction des coûts de traitement : une e-facture revient significativement moins cher qu'une facture papier
- Gain de temps : automatisation de la gestion, réduction des relances, accélération des paiements
- Fiabilité accrue : les formats structurés limitent les erreurs et les litiges, et assurent une lecture uniforme par vos outils comptables
- Meilleure visibilité sur votre trésorerie : les plateformes agréées offrent un suivi en temps réel de vos flux de facturation
- Sécurité renforcée : traçabilité complète, archivage certifié, réduction des risques de fraude
Au-delà des gains opérationnels, une gestion dématérialisée de vos factures améliore la visibilité sur votre chiffre d'affaires et réduit les délais de paiement de vos fournisseurs et clients : un avantage direct sur votre trésorerie.
Questions fréquentes sur la facturation électronique obligatoire
La réforme répond à trois objectifs portés par l'administration fiscale : lutter contre la fraude à la TVA, simplifier les obligations déclaratives des entreprises grâce au pré-remplissage automatique, et améliorer la connaissance en temps réel de l'activité économique nationale.
Pour les entreprises, cela se traduit concrètement par une standardisation des échanges — un format unique, lisible par tous les systèmes, qui réduit les frictions administratives entre fournisseurs et clients. Ce que la réforme impose par la contrainte, elle le rend aussi possible par la pratique : moins de ressaisies, moins d'erreurs, des paiements plus rapides.
Vous devez opter pour une Plateforme Agréée (PA) immatriculée par la DGFiP — la liste officielle est régulièrement mise à jour sur impots.gouv.fr. Plusieurs critères pratiques guident le choix :
- Compatibilité avec votre logiciel de facturation ou de comptabilité existant, c'est le premier filtre
- Volume : certaines plateformes sont dimensionnées pour les grands volumes, d'autres plus adaptées aux TPE et professions libérales
- Fonctionnalités : suivi des statuts de factures, archivage certifié, tableau de bord de trésorerie
- Coût : plusieurs plateformes agréées proposent une offre de réception gratuite, l'émission peut être facturante selon les volumes
N'hésitez pas à vous coordonner avec votre expert-comptable pour vérifier la compatibilité entre la plateforme retenue et vos outils de gestion existants.
La loi de finances 2026 a durci le régime des amendes. Trois types de manquements sont distingués :
- Non-émission de factures électroniques : 50 € par facture non conforme, dans la limite de 15 000 € par année civile.
- Non-transmission des données e-reporting* : 500 € par transmission manquante, plafonnés à 15 000 € par an.
- Absence de plateforme agréée désignée : mise en demeure de s’y conformer dans un délai de trois mois puis amende de 500 €, suivie d'une amende de 1 000 € tous les 3 mois jusqu'à mise en conformité.
À noter : une clause de bienveillance est prévue en cas de première infraction réparée spontanément ou dans les 30 jours suivant une première demande de l'administration.
Au-delà des amendes, le risque le plus immédiat reste opérationnel : une facture émise en dehors du circuit réglementaire peut entraîner des litiges, des retards de paiement ou une demande de réémission conforme de la part de votre client.
*transmission des données de transaction et de paiement