Marchés financiers : le point sur le troisième trimestre 2026

Tom Mondelaers - Directeur des Investissements au CCF -  28/09/2026


Temps de lecture : 4 min

Faut-il revoir son allocation lorsque les taux repartent à la hausse ?
La question s'est posée avec une acuité nouvelle au troisième trimestre 2026 : la Fed a relevé ses taux pour la première fois depuis plus de trois ans, la BCE à deux reprises, et ce mouvement n'en est probablement qu'à son commencement. Nos convictions, classe d'actifs par classe d'actifs.

Hausse des taux directeurs : quelles conséquences pour les investisseurs obligataires ?

Un nouveau cycle de hausse des taux directeurs s'ouvre.
Sous la pression des prix du pétrole et du gaz, nourrie par le conflit iranien, les anticipations d'inflation ont dépassé ce que les banques centrales jugent acceptable : la Fed a relevé ses taux en septembre, pour la première fois depuis plus de trois ans, et la BCE l'a fait à deux reprises. Les coûts de l'énergie devant continuer de monter cet hiver, au moins trois hausses supplémentaires sont attendues de la BCE. Or ces cycles, une fois enclenchés, ne s'inversent pas rapidement.

 

Dans cet environnement, la prudence reste de mise sur les obligations à long terme, dont le prix réagit fortement à chaque nouvelle hausse des taux. Les maturités courtes, à l'inverse, retrouveront bientôt des niveaux de rendement intéressants, pour une exposition au risque de taux bien moindre. Pour ceux qui recherchent du rendement, un fonds obligataire flexible à maturité courte constitue une piste à examiner.

 

Notre opinion ne change pas sur les OAT, les obligations d'État françaises. Malgré la volatilité liée à l'approche des élections de 2027 et la pression que des taux plus élevés exercent sur le budget de l'État, ce marché reste bon marché à moyen terme : le rendement offert nous paraît excéder le risque réel. Le retournement ne sera pas immédiat, mais une fois l'échéance électorale passée, la contrainte budgétaire s'imposera à toute équipe dirigeante et la prime de risque exigée aujourd'hui devrait se résorber.

Actions américaines, européennes ou émergentes : où investir aujourd'hui ?

Aux États-Unis, le rapport entre les cours et les bénéfices est resté stable, et s'est même légèrement détendu dans la technologie, tandis que les prévisions de bénéfices étaient revues à la hausse pour 2026 et 2027. Le marché américain nous semble donc favorable, avec des prix aujourd'hui plus raisonnables que ne le laissent penser les médias.

 

Notre préférence pour les États-Unis, face à l'Europe comme aux marchés émergents, tient à la concentration des bénéfices sur ce marché - et au fait que les tensions géopolitiques qui pèsent aujourd'hui sur le monde s'y pilotent, quand elles n'en sont pas issues. Est-ce sans risque ? Non : le débat qui s'ouvre sur la vitesse de développement de l'intelligence artificielle et sur la nécessité éventuelle de la freiner en est une bonne illustration.

 

Dans ce contexte, nous privilégions, au sein du matériel informatique (hardware), les acteurs déjà établis - ceux dont les bénéfices suffisent à financer leurs investissements colossaux - plutôt que les sociétés encore en phase de démarrage, qui consomment leur trésorerie sans la reconstituer. Se repérer parmi ces jeunes sociétés et ces introductions en bourse - et plus généralement sur les marchés - suppose une expertise et une capacité d'analyse dont peu d'investisseurs disposent : confier ces arbitrages à un gérant, dans le cadre d'une gestion sous mandat, reste la solution la plus pertinente.

 

Une échéance est à noter dans votre agenda : les élections américaines de mi-mandat, le 3 novembre. Si les résultats du troisième trimestre confirment la bonne tenue des bénéfices tandis que l'actualité politique fait tanguer les cours, l'écart ainsi créé entre le prix des actions et la réalité des entreprises constituerait une fenêtre pour se renforcer.

 

En Europe, notre prudence est un peu plus marquée. Pour ceux qui souhaitent s'y exposer, nous privilégions les valeurs « value », déjà rentables aujourd'hui, plutôt que les valeurs de croissance, dont le cours repose sur des bénéfices attendus à un horizon lointain : des promesses qui pèsent d'autant moins lourd que les taux montent. Car à la différence de la Fed, la BCE relève ses taux dans une économie fragile, et non solide - la nuance est de taille. S'y ajoutent le coût élevé de l'énergie, les difficultés budgétaires françaises et le risque que les tensions tarifaires américaines continuent d'affecter l'Europe.

 

Sur les marchés émergents, nous adoptons une position plus défensive. Ces économies subissent déjà un double vent contraire : leur dette étant largement libellée en dollars, l'appréciation de la devise américaine en alourdit la charge, tandis que la remontée des taux américains attire les capitaux vers les États-Unis et les détourne de ces marchés.

 

S'y ajoute désormais un facteur climatique. Les prévisionnistes annoncent un épisode « El Niño » particulièrement intense cet hiver, de ceux qui perturbent les récoltes et poussent les prix alimentaires à la hausse. Or l'alimentation pèse bien plus lourd dans le budget des ménages de ces pays : l'inflation, et donc les taux, devraient y rester élevés durablement.

 

Cette situation fragilise leurs devises - et c'est là que réside le risque le moins visible pour un investisseur européen. Un placement libellé en monnaie locale, une fois reconverti en euros, peut afficher une performance sensiblement inférieure à celle du marché concerné : le change absorbe une partie du gain, voire davantage.

Quels actifs privés pour diversifier son portefeuille ?

Du côté des actifs privés, les infrastructures diversifiées conservent leur attrait - à condition de répartir l'exposition entre énergie, transport et numérique plutôt que de la concentrer sur les seuls centres de données, et d'accepter d'immobiliser son capital sur une longue période.

 

Ces actifs réels présentent trois caractéristiques utiles dans le contexte actuel : des revenus réguliers, assis sur des contrats de long terme, qui tendent à suivre l'inflation ; des performances historiquement solides, assorties de variations plus modérées que celles des marchés actions ; et une évolution largement décorrélée du reste d'un portefeuille. Un profil recherché lorsque l'inflation menace de se maintenir au-dessus des objectifs des banques centrales.

 

Sur le crédit privé, en revanche, nous restons réservés : les taux de défaut ont atteint des niveaux records sans que cela fasse grand bruit, et la rémunération offerte ne compense ni le risque de perte en capital ni les difficultés de liquidité que traverse cette classe d'actifs.

Les investissements dans l’intelligence artificielle continueront-ils à soutenir les marchés financiers ?

Une question domine toutes les autres : les capitaux massivement investis dans l'intelligence artificielle vont-ils continuer d'affluer, ou marquer le pas ? S'ils continuent, les positions dominantes se renforceront et l'économie tiendra. S'ils hésitent, l'effet se propagerait simultanément aux actions les plus valorisées, aux obligations qui financent ces investissements et aux infrastructures construites pour les accueillir - trois expositions qui, dans bien des portefeuilles, coexistent sans qu'on y prête garde.

 

C'est le point que nous surveillerons d'ici la fin de l'année.

 

Notre conviction sur la technologie elle-même reste entière ; elle ne signifie pas que chaque acteur en sortira gagnant. Un point avec votre conseiller permet d'examiner comment votre portefeuille est exposé à ce scénario.

Ecriture achevée le jeudi 24 septembre 2026

3 idées à retenir

Taux

  • Un nouveau cycle de hausse s'ouvre.
  • Prudence sur les obligations longues, retour de l'intérêt pour les maturités courtes.

Actions

  • Préférence aux États-Unis, où les bénéfices progressent sans que les valorisations s'envolent.

Intelligence artificielle

  • Elle irrigue principalement 3 classes d'actifs, à travers de nombreux véhicules d’investissements ; un éventuel ralentissement est à surveiller.
  • La rigueur s’impose dans votre démarche de diversification.

Notre accompagnement patrimonial

Votre conseiller CCF se tient à votre disposition pour définir avec vous votre stratégie patrimoniale, en fonction de votre situation personnelle et de vos objectifs.

Découvrez nos offres du moment, sélectionnées parmi celles de nos partenaires en architecture ouverte.

A lire aussi

La gestion sous mandat : confier ses investissements

Mandat de gestion, mandat d'arbitrage : comment fonctionne la gestion sous mandat en compte-titres, PEA et assurance-vie, et comment savoir si elle vous convient.

Découvrir
    • Cette publication a un caractère purement informatif. Les informations contenues dans cette publication ne visent pas à l’exhaustivité, pas plus qu’elles ne constituent un conseil d’ordre financier, juridique ou fiscal. Vous ne devez pas vous fonder sur les informations contenues dans cette publication pour agir, sans avoir obtenu l’avis d’un professionnel.

      La publication n’est pas conçue pour être distribuée à toute personne présente ou résidente dans des juridictions restreignant sa diffusion.